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Médias Urgence pour la presse et le pluralisme !

L’année 2012 restera sûrement dans les annales de l’histoire de la presse, comme une des pires années pour le pluralisme.

Pas un mois ne se passe sans que soient annoncés plans de restructuration, mises en liquidation judiciaire, rachats de titres accompagnés de suppressions d’emplois touchant tout à la fois journalistes, ouvriers du livre, employés et cadres. Le pluralisme est malmené, l’outil industriel saccagé à travers les fermetures d’imprimeries et voilà qu’aujourd’hui c’est le système de distribution coopératif, mis en place à la Libération, qui se trouve menacé, sans parler de la mainmise du pouvoir sur l’audiovisuel public...

 

Titre emblématique issu de la Résistance, France Soir a tiré le rideau sur sa version papier, pour ne laisser subsister qu’une version électronique dont la survie est loin d’être assurée faute de modèle économique pérenne. La Tribune vit peut-être ses derniers jours ne laissant subsister en terme de quotidien économique que Les Echos. Presstalis, qui distribue équitablement les quotidiens nationaux quel que soit leur nombre d’exemplaires diffusés a vu un plan de redressement voté le 24 novembre, et aujourd’hui certains éditeurs menacent de résilier leur contrat (Le Point, Mondadori) pour rejoindre les Messageries lyonnaises de presse qui se proposent de distribuer aussi les quotidiens nationaux. Le Conseil supérieur des messageries de presse, garant de par la loi du respect de solidarité coopérative et des équilibres économiques du système collectif de distribution de la presse, s’avère impuissant à réguler la profession. L’imprimerie du Monde est sous perfusion malgré les suppressions d’emplois. Et tout cela trois ans après les États généraux de la presse, dont Sarkozy avait dit qu’avec les mesures prises son avenir était assuré ! Comme si cela n’était pas suffisant, le PDG de l’audiovisuel extérieur de la France poursuit la fusion RFI/France 24 à marche forcée, malgré l’opposition des salariés et sans attendre les conclusions de la mission parlementaire. De plus, en cette année électorale, le pluralisme est malmené par le service public audiovisuel ; le Front de gauche et le Parti communiste français sont quasiment exclus des plateaux et reportages sur France Télévisions.

 

Plus que jamais, pour que vive la démocratie, une rupture est indispensable avec cette mainmise du libéralisme et cette marchandisation de l’information, comme le proposent les responsables médias du Front de gauche.Il faut d’urgence prendre les mesures indispensables, en créant un outil industriel de fabrication de service public, en construisant une cloison étanche entre les détenteurs des capitaux et les rédactions, en renforçant l’outil coopératif de distribution, en refondant les aides, en redonnant tout son sens à des autorités de régulation tant dans l’écrit que dans l’audiovisuel, en renforçant enfin le poids des représentants des salariés dans les instances du secteur et les entreprises. Tout cela en co-élaboration avec les citoyens dans le cadre du programme populaire partagé. Une première rencontre qui s’est tenue avec les syndicalistes d’Infocom CGT a déjà permis d’ouvrir des perspectives ; une autre ouverte aux citoyens est en préparation pour le 1er février à Malakoff.

 

Jean-François Téaldi responsable du secteur Droit à l’information du PCF, Coordinateur Médias du Front de Gauche.

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