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Thierry Lodé, La biodiversité amoureuse. Sexe et évolution Odile Jacob Sciences, 2011

Par Cécile BaronDans son essai, Thierry Lodé, biologiste et professeur d’écologie évolutive à l’université d’Angers tente de rendre sa place à la sexualité dans l’évolution du vivant et élabore une critique méthodique du darwinisme. Il démontre que l’évolution n’est pas seulement le résultat d’une adaptation au milieu et aux conditions environnementales mais également l’aboutissement des parades amoureuses dans une lutte pour la séduction. Le mieux adapté des animaux, s’il est incapable de séduire, ne se reproduit pas et condamne ses caractéristiques génétiques à disparaitre avec lui. « Il n’y a pas de sélection par la mort mais par l’amour ». C’est pour séduire que le nasique arbore un nez gigantesque, que les manakins dansent le moonwalk ou que le caméléon de Jackson porte fièrement ses cornes.Thierry Lodé montre que la force d’une espèce vient de la différence, de  la possibilité de croiser les patrimoines génétiques et de combiner les génomes à l’infini par la reproduction sexuée. Dans ce monde de la différence, la solidarité est l’élément essentiel qui permet la survie de nombreuses espèces animales. L’auteur déconstruit l’argumentaire pseudo-scientifique d’un gène qui coderait un comportement : il montre combien il est absurde de croire qu’il existe un gène de l’homosexualité, un gène de la fidélité ou un gène de la criminalité à détecter chez les enfants de moins de 3 ans.  On regrette cependant que l’auteur ne développe pas davantage l’idée d’une influence de Malthus et du capitalisme victorien de l’époque sur les théories de Darwin. Le lecteur se perd un peu dans ce catalogue d’exemples d’animaux aux comportements « atypiques » dans le monde darwinesque et reste sur sa faim quant à la portée politique de cette critique.

La Revue du Projet, n°12, décembre 2011

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