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Les quartiers populaires au cœur de la bataille idéologique, Éliane Assassi

Comment la droite et le gouvernement les instrumentalisent pour justifier sa politique de casse sociale.

Ces  quartiers recouvrent une très grande diversité de situations. Or,  bien souvent, ils sont réduits à une vision négative : pauvreté, violence, insécurité, chômage, abstention et maintenant,  lieu de toutes les fraudes aux prestations sociales... Instrumentalisés et stigmatisés  par la droite et les chantres  du libéralisme, ils sont devenus dans l'imaginaire collectif des zones de non droits et l'incarnation du mal. Ces  caricatures laissent le champ libre à des clichés qu’il faut combattre et dont il faut s’extraire.

 

Certes la vie n'y est pas facile.  Le rapport 2011 de l’ONZUS (Observatoire national des zones urbaines sensibles) est tout aussi accablant que ceux des années précédentes. Il montre que dans les quartiers populaires la vie est plus dure qu'ailleurs. Tous les indicateurs sont au rouge que ce soit dans le domaine du pouvoir d'achat,  de l'emploi, de l'éducation, des transports, de la santé, de l'accès aux commerces, de l'existence de services publics.Ce rapport confirme – s’il le fallait encore – l’échec des choix politiques de la droite illustré également par l’abandon de la politique de la ville ; ainsi le budget du ministère « Politique de la ville » est marqué par une baisse significative de ses crédits : pour 2012, ceux-ci s’élèvent  à  548 millions contre 624 en 2011, 704 en 2010 et 794 en 2009  soit une baisse de 30 % en quatre ans.

 

Parallèlement, les collectivités territoriales et plus particulièrement les communes sont frappées de plein fouet et asphyxiées par le désengagement financier de l’État. Ainsi, ces quartiers et leurs populations ont le sentiment d’être les « oubliés de la République ».

Dignité et solidarité

 

Pourtant ceux qu’on appelle « les milieux populaires » sont dignes et savent quand il le faut, résister et se rassembler devant les assauts répétés d’une droite qui les méprise. Contrairement à certaines idées reçues, ils ne se désintéressent pas de la politique. Au contraire, ils espèrent mais leurs espoirs ne trouvent pas d’écho. Cela explique, pour partie leur divorce avec le vote.

 

Si une certaine forme de fatalité s’est installée dans ces quartiers, il est important de noter que, malgré de réelles difficultés, la solidarité entre les habitants a encore du sens et que la  vie associative y est plus présente, plus riche et plus dynamique qu'ailleurs grâce, notamment, aux bénévoles et aux travailleurs sociaux. C'est particulièrement vrai dans le domaine de la défense et  des droits des locataires, dans celui du sport ou encore au sein d'associations  qui œuvre en direction des femmes et des jeunes.

 

Tout ceci représente une richesse et un atout. La gauche a donc des responsabilités à leur égard dont celle de placer le progrès social au cœur de son projet : l’Humain d’abord trouve ici tout son sens. 

 

Dans une précédente Revue du Projet, j’avais insisté sur le fait que les quartiers populaires sont le miroir de notre société et que l’école, la formation, l’emploi et la reconquête des droits étaient des enjeux majeurs pour en finir avec les maux dont ils souffrent. Un an plus tard, tout ceci est plus que jamais d’actualité.

 

Éliane Assassi, sénatrice, responsable du secteur Quartiers populaires et libertés du PCF.

 

La Revue du Projet, n°12, décembre 2011

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